Exposition Le Mrac, un Musée sous les étoiles à Serignan le 14 mai 2022

Plus d'infos sur l'exposition Le Mrac, un Musée sous les étoiles à Serignan

L'exposition Le Mrac, un Musée sous les étoiles a lieu dans le cadre de la Nuit des musées à Serignan 2022.

Daniel Buren, Rotation (2006), Bruno Peinado, Il faut recontruire l'Hacienda (2016), Erró, Les Femmes Fatales (1995-2006), Peter Stämpfli, Stèle double face N/B (2004), Peter Downsbrough, ET, exterior piece (2014).

Daniel Buren, Rotation, travail in situ, 2006

Daniel Buren présente un dispositif in situ qui va entretenir un dialogue avec l'architecture des lieux. L'artiste tire parti de la transparence et propose un jeu de couleurs et de formes, mis en mouvement dans l'espace par la lumière naturelle. Cette oeuvre donne à voir une véritable mise en abyme de l'espace par l'explosion de la couleur. L'impression d'éclatement de l'oeuvre, accentuée par les projections sur les murs et le sol, incite le spectateur à un déplacement non plus seulement du regard mais du corps tout entier.

« Rotation est une utilisation, en l'occurrence systématique, de tout ce qui est fenêtres, à l'exclusion des vasistas. Cela aurait pu concerner une seule salle, mais cela ne m'a pas semblé intéressant dans cette configuration. Toutes les ouvertures ne sont pas utilisées, mais les fenêtres verticales, baies vitrées, portes d'entrée, fenêtres de bureau, fenêtres de salles d'exposition sont touchées. En partant de l'entrée, chaque fenêtre est coupée en quatre par des diagonales; puis sont posées quatre couleurs plus ou moins basiques : les trois primaires et le vert, qui ne l'est pas. À chaque fois, un quart de cette surface est touchée par une alternance de bandes blanches et de bandes transparentes. Et celles-ci tournent dans le sens des aiguilles d'une montre, de fenêtre en fenêtre, constamment. C'est pourquoi le titre est Rotation. À chaque fois, la couleur qui manque est remplacée par ces bandes blanches formant un ensemble triangulaire qui se découvre. Les ouvertures traitées sont toutes assez différentes les unes des autres. Certaines sont très grandes, d'autres sont très petites... mais toutes sont touchées de la même fa?on. Avec, à chaque fois, des formes différentes, un aspect différent, donné simplement et toujours à partir du même principe de rotation, pour la surface considérée. »

(Daniel Buren, Sérignan, 22 septembre 2006)

Bruno Peinado, Il faut reconstruire l'Hacienda, 2016

En regardant l'architecture du musée marquée par son histoire et son passé de maison vigneronne, Bruno Peinado propose une vision de celle-ci proche de l'hacienda andalouse (exploitation agricole et lieu de vie). Le musée est situé au centre de la ville, entouré de la mairie, la médiathèque, la poste, l'école...Inspiré du texte Formulaire pour un urbanisme nouveau de Ivan Chtcheglov publié en 1953 qui dit «Il faut construire l'hacienda», Bruno Peinado propose de faire du musée une nouvelle Hacienda, un espace de pensée dans la ville. La seconde référence citée par l'artiste est la FAC 51 the Ha?ienda, boîte de nuit mythique qui a ouvert ses portes en 1982 à Manchester (Angleterre), financée par le label Factory Records du producteur Tony Wilson ainsi qu'à l'aide des bénéfices des ventes de disques du groupe Joy Division. Le nom de la boîte a été d'ailleurs choisi en référence au texte situationniste sur l'urbanisme écrit par Ivan Chtcheglov. Chaque panneau et enseigne, produit avec les techniques et les matériaux de la signalétique, tisse un lien avec l'histoire de l'art en général et avec la collection du Mrac en particulier. Contrairement aux couleurs élémentaires que Daniel Buren déploie sur les fenêtres, Bruno Peinado utilise des couleurs en nuances, des couleurs mineures comme des gris, des pastels, issues de mélanges.

Erró, Les Femmes Fatales, 1995-2006

Puisant dans les images de la presse, de la publicité, du cinéma, de la propagande politique ou de l'histoire de l'art, l'artiste assemble et manipule des images pour former des compositions. L'accumulation des images renvoie à la saturation visuelle de notre société : la surmédiatisation des événements, la surconsommation, l'érotisme mercantile, l'américanisation, la manipulation généralisée. Erró met en scène sur cette fresque un univers peuplé de femmes régnant en maîtres : des super-héroïnes sorties des comics américains de Marvel ou publiées par DC Comics, des femmes guerrières, des figures de la mythologie islandaise ou de l'Histoire telles Jeanne d'Arc ou des icônes pop telles que la chanteuse Madonna.

Les céramiques ont été réalisées à Cintra, par la plus ancienne famille de céramistes du Portugal.

« J'aime beaucoup ce support solide, qui fait partie de l'architecture et des murs, et qui dure. C'est aussi très sensuel à toucher. » Erró (Hors série Hérault Juridique Economique Montpellier, décembre 2006).

Peter Stämpfli, Stèle double face N/B\*\*, 2004\*\*

Cette oeuvre, offerte par l'artiste à la Ville de Sérignan, est en résine époxy sur armature métallique, elle a été créée pour l'exposition « Art-Sénat 2004 » et exposée à Paris dans le Jardin du Luxembourg devant le Sénat pendant l'été 2004. Peter Stämpfli puise ses sujets dans notre quotidien (les objets de la société de consommation : téléphone, machine à laver, voiture) et les gestes ordinaires (tenir une cigarette, remplir une machine à laver...) qu'il peint d'après des photographies et non d'après nature.

À la suite de ces séries sur le quotidien, Peter Stämpfli se focalise sur des fragments d'automobiles. Puis, radicalisant sa démarche, il réduit son vocabulaire plastique à la représentation de roues, de pneus, et enfin de traces de pneus. Il ne peint alors plus un objet inspiré par la photographie, mais un objet qu'il construit totalement. L'artiste isole, agrandit, découpe les objets, et met ainsi en perspective une part infime du réel.

« Lorsque Stämpfli dessine ou peint la structure d'un pneu, il nous oblige à voir ce que d'habitude nous ne regardons pas. » (Gilbert Lascault).

Peter Downsbrough, ET, exterior piece\*\*, 2014.\*\*

La sculpture ET, exterior piece est installée sur le parvis du musée, prêtée par l'artiste au Mrac. Discrète, voire casi invisible pour les passants, cette pièce en métal, pourtant haute de 6 mètres, semble se fondre dans l'espace urbain. Par sa matière, sa couleur et sa forme, il est facile de la confondre avec les lampadaires environnants. L'artiste utilise dans ces oeuvres un vocabulaire plastique épuré très reconnaissable, constitué de figures géométriques simples, de lignes, de mots. Ce sont souvent des prépositions ou des conjonctions, qui établissent des relations imaginaires dans l'espace dans lequel l'oeuvre se situe. L'usage du langage dans l'oeuvre de Peter Downsbrough interroge le regardeur, semble engager un dialogue. Ici, en utilisant « ET » conjonction de coordination la plus courante de la langue fran?aise, l'artiste laisse chacun libre de choisir les termes qu'elle relie ou plutôt les êtres et les choses de l'environnement.

Cette sculpture invite au déplacement, au changement de points de vue et à prendre position. Notre regard, tel un appareil photographique, choisit son cadrage à l'intérieur duquel l'oeuvre participe au dialogue urbain. Cette pièce semble surtout suggérer de prendre le temps de regarder notre environnement souvent devenu invisible aux yeux d'habitants pressés.

Site web : http://mrac.languedocroussillon.fr