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Visite Découverte De L'exposition Les Chemins Du Sud à Serignan du 21 au 22 septembre 2019

Du

21 samedi septembre 2019

au

22 dimanche septembre 2019

16h00

Musée Régional D'art Contemporain Occitanie / Pyrénées-méditerranée (146 Avenue De La Plage)

Plus d'infos sur l'Visite Découverte De L'exposition Les Chemins Du Sud à Serignan

L'exposition Visite Découverte De L'exposition Les Chemins Du Sud a lieu au dans le cadre des Journées du patrimoine Serignan 2019.

Commissariat général : Emmanuelle Luciani & Charlotte Cosson / Southway studio

Artistes exposés au Mrac, Sérignan du 23.06 au 03.11.2019 :

XIXe siècle : Gustave Fayet, Théodore Jourdan, Adolphe Monticelli, William Morris, Odilon Redon

XXe siècle : Richard Burgsthal, André Derain, Raoul Dufy, Joyce Kozloff, Robert Kushner, Manolo, André Marchand, Giorgio Morandi, Louis Valtat, Betty Woodman, George Woodman

XXIe siècle : Jean-Marie Appriou, Jenna Kaës & Jean-Marie Appriou, Bella Hunt & DDC, Hélène Bertin, Joanne Burke, Maggy Champsaur, Giovanni Copelli, Victor Delestre, Jade Fourès-Varnier & Vincent de Hoÿm, Andrew Humke, Jean-Baptiste Janisset, Jenna Kaës, Lucile Littot, Matthew Lutz-Kinoy, Emiliano Maggi, Matteo Nasini, Zoë Paul, Lisa Rampilli, Sergio Ruffato, Vincenzo Simone, Gérard Traquandi.

Artiste exposé à l'Abbaye de Fontfroide du 23.06 au 29.09.2019 :

Matteo Nasini

Une coproduction Mrac/IN SITU Patrimoine et art contemporain, co-commissariat : Marie-Caroline Allaire-Matte

Proposée par Emmanuelle Luciani & Charlotte Cosson avec Southway studio qu'elles ont créé, l'exposition _Les Chemins du Sud_ invite à une traversée de l'Histoire de l'art depuis la fin du XIXe siècle jusqu'à nos jours. Celle-ci prend le contrepied de celle écrite entre Paris et New York au cours du XXe siècle. Elle retrace, sur la totalité des espaces d'exposition du Mrac mais aussi à l'Abbaye de Fontfroide, une généalogie d'artistes qui, refusant de s'insérer dans une veine révolutionnaire, ont embrassé le statut d'héritier. Les oeuvres qui la composent ont été produites en dehors des capitales européennes et américaines, dans un sud envisagé de manière métaphorique. Ce sud est le lieu d'un pas de côté vis-à-vis de l'industrialisation et du progrès qui ont marqué la modernité. Les oeuvres produites dans ce cadre l'ont été de manière artisanale, en mettant en avant le décoratif, le coloré et, souvent, une grande humilité. Ces artistes incarnent une forme de résistance face à la distinction entre les arts dits mineurs et ceux dits majeurs, entre le peintre et le décorateur, entre l'artiste et l'artisan. Ils proposent l'idée d'une ornementation comme soin - dans son rapport à la nature, au monde et aux autres.

L'exposition _Les Chemins du Sud_ émet l'hypothèse qu'une autre histoire de l'art de la modernité peut être écrite. Depuis quelques années, Emmanuelle Luciani & Charlotte Cosson rassemblent une communauté d'artistes avec lesquels elles produisent des oeuvres issues de leur théorisation d'une nouvelle articulation entre centres et périphéries. La traversée alter-progressiste et non-industrielle proposée au Mrac met l'accent sur quatre moments distincts de cette histoire commencée au XIXe siècle : l'école de Marseille représentée par Théodore Jourdan et Adolphe Monticelli ; celui du tournant du XXe siècle avec William Morris, Odilon Redon, Gustave Fayet ou Raoul Dufy qui ont défendu l'artisanal et le beau contre une certaine idée de la modernité ; les artistes du mouvement Pattern & Decoration (Betty Woodman, Robert Kushner, Joyce Kozloff) qui, à partir des années 1970, ont embrassé les arts dits mineurs ; et en fin des artistes contemporains qui continuent à produire dans cette veine d'un art par et pour l'humain.

Ces artistes et leurs oeuvres forment un idéal où l'humain prime sur la machine, les traditions vernaculaires sur la rentabilité, et l'ornement sur la froideur industrielle. A fin de souligner l'élan commun qui émane de cet état d'esprit, les oeuvres de l'exposition ne sont jamais isolées. Un esprit collaboratif et d'entraide s'offre au travers d'une scénographie pensée comme oeuvre d'art. Des pièces collectives et co-signées parsèment l'exposition ; les hommages et références abondent, d'une génération à une autre, d'un continent à un autre.

Ce système est rejoué au-delà des murs du musée et se prolonge à l'Abbaye de Fontfroide, propriété de la famille Gustave Fayet, artiste et mécène de la fin du XIXe siècle. Le projet se décline en miroir sur les deux lieux : au Mrac, des oeuvres de Gustave Fayet et de son maître verrier Richard Burgsthal seront présentées ; à l'Abbaye, l'artiste italien Matteo Nasini intervient dans l'abbaye cistercienne et répond au cycle décoratif autour de Saint François d'Assise initié par Gustave Fayet.

Les sculptures, peintures, céramiques émaillées, meubles et vitraux présentés dans l'exposition découlent d'une pensée située en dehors des mégalopoles : d'un idéal à la marge. Ceux qui les ont façonnés proviennent souvent de l'Europe latine ou des États chauds des États-Unis. Parfois, alors qu'ils n'y sont pas nés, ils ont rejoint ce sud en pensée ou en action. Car le Sud, même s'il peut-être appréhendé de manière métaphorique, repose sur une distinction plus historique que géographique encore. Le capitalisme et la modernité sont indissociables. Leur rapport commun au progrès, au futur et à l'automatisation est tout aussi indéniable. Cet idéal de pureté tranchait avec la culture plus charnelle des pays du sud. En marge des capitales qui se globalisaient à mesure qu'elles s'industrialisaient, des artistes et des penseurs ont produit de l'ornement et utilisé des matériaux non hygiéniques, a fin de prôner l'organique et la vie matérielle - en un mot : le vital.

Emmanuelle Luciani & Charlotte Cosson